Ces cinq agités du bocal, comme ils se définissent eux-mêmes, jouent depuis 2004 leur punk-rock vitaminé et communicatif, mélange explosif d’humour, de colère et de mélancolie. Leur premier véritable album, «C’EST PAS NOUS LES MECHANTS », paru en 2007 avant les présidentielles, dresse un tableau réaliste et affligeant d’une société formatée et anesthésiée, où « c‘est un scandale si on n ‘a rien compris à l‘économie ultralibérale », où trop de gens trouvent « normal d’se faire enculer sans bouger », où le clodo sur son carton n’a d’autre choix que de s’abrutir à coups de picrate bon marché.
Mais pas question de baisser les bras. « Faut qu ‘ça pète ! ». « Y’en a marre de ces conneries : Travail, famine et dysenterie ». Pas question non plus de se satisfaire de vagues bons sentiments et de prières : « descends d’ta croix, t‘as l‘air d’un con ». Il faut se battre contre tous les collabos de l’ordre capitaliste, sans oublier ceux qui avancent masqués : « Quand tous les socio-traitres passeront l’arme à droite, » on pourra « causer décroissance ».
Signalons en fin d’album une interprétation inhabituelle du « Triomphe de l’Anarchie », chanté sur une mélodie plutôt mélancolique: « Tu veux bâtir des cités idéales / Détruis d’abord les monstruosités / Gouvernements, casernes, cathédrales. »
On est surpris au début, car on a en tête les interprétations plus toniques de Marc Ogeret ou de René Binamé. Et puis on s’y fait très vite … et on aime.
Les Sarkofiottes prépareraient un nouvel album pour bientôt. En attendant, il est urgent de se procurer le premier, en le commandant par exemple chez massprod: http ://www.massprod.comlvpc/cd.htm
Non, décidément, c’est pas EUX les méchants
mars 2008

Ainsi s’exprime Jean Ziegler, Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, résumant le message central d’un nouveau documentaire passionnant : « We Feed the World ».
Les ouvriers des usines LIP à Besançon ont mené la grève ouvrière la plus emblématique de l’après 1968. Un mouvement de lutte incroyable, qui a duré plusieurs années, mobilisé des foules entières en France et en Europe, multiplié les actions illégales sans céder à la tentation de la violence, porté la démocratie directe et l’imagination à incandescence. Des récits entrecroisés, des portraits, une histoire collective, pour essayer de comprendre pourquoi cette grève porta l’espoir et les rêves de toute